Lors de la Seconde Guerre mondiale, les scientifiques furent intrigués par les grossières erreurs de pilotages pendant les combats que commettaient d'excellents pilotes… de l'aviation civile. Le stress change tout. Plus précisément, on sait aujourd'hui qu'il diminue les performances dans la réalisation de tâches complexes en perturbant le fonctionnement du cortex préfrontal. Une zone du cerveau qui joue un rôle de chef d'orchestre pour la planification des actions et la prise de décision. Les travaux néerlandais publiés le 3 septembre dans les comptes-rendus de l'Académie des sciences américaines vont plus loin dans l'étude de l'impact du stress sur le cerveau. Ils démontrent que l'effet de ce stress se prolonge durablement, bien au-delà du moment critique.
«Le cortex préfrontal, la partie la plus évoluée du cerveau, coordonne nos pensées, actions et émotions à travers de nombreuses connexions vers les autres régions du cerveau. Néanmoins, c'est aussi la région cérébrale la plus sensible aux effets délétères de l'exposition au stress», souligne le Pr Amy Arnsten, neurobiologiste à l'université de Yale.
Le Pr Guido van Wingen et ses collègues néerlandais de l'université de Radboud, d'Amsterdam et du Centre de recherche militaire d'Utrecht ont donc fait passer des examens d'imagerie cérébrale sophistiquée à 33 soldats avant qu'ils ne soient déployés en Afghanistan pour une mission de quatre mois, puis à nouveau six semaines après leur retour et enfin un an et demi plus tard. Aucun n'avait été blessé lors de la mission mais tous avaient été soumis au stress prolongé des zones de combat. Les résultats étaient comparés à un groupe de soldats qui n'avaient pas participé aux opérations.